Notre Congrégation
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Notre Histoire
Le contexte
La fondation s'inscrit dans un contexte social, politique et économique particulier. Après la révolution française, la structure traditionnelle de la société européenne est complètement bouleversée : les pouvoirs de l'Eglise et de l'Etat sont séparés, la société s'industrialise et apparaît un prolétariat croissant. Ensuite, sous Napoléon, les couvents contemplatifs sont considérés comme inutiles. Seules les communautés ayant une utilité sociale (soins aux malades, aux plus démunis, aux enfants) sont autorisées. C'est le début d'une nouvelle efflorescence de l'Eglise. La Congrégation des Soeurs de la Charité de Jésus et de Marie est l'une des premières fondations créées de cette epoque.
La création
C'est le père Triest, alors curé de Lovendegem, qui en est l'initiateur. En 1803, il réunit quelques femmes pieuses en une association religieuse. Dès juillet 1804, les premières soeurs de la Charité prononcent leurs voeux et décident de consacrer leur vie à "garder et servir les pauvres et les miséreux". Se voyant refuser l'affiliation aux "Filles de la Charite" de Saint Vincent de Paul, le père Triest rédige alors lui-même les règles afin d'obtenir la reconnaissance de l'autorité qui lui sera accordée en 1816 par le Pape. La règle des Soeurs de la Charité conjugue la spiritualité de Saint Vincent de Paul avec celle de Saint-Bernard . Le père Triest est le premier supérieur général et Marie Thérèse Van der Gauwen sous le nom de Mère Placide, la première supérieure générale.
Son premier foyer : l'abbaye de Terhagen
En 1805, les autorités de Gand se tournent vers le père Triest et ses soeurs pour s'occuper des malades incurables de la ville. Mère Placide et quelques soeurs s'installent à l'abbaye de Terhagen, ancienne abbaye cistercienne transformée en couvent et en hôpital. Les débuts sont difficiles. Il y a beaucoup de patients, on manque de lits et de personnel. Malgré ces moyens précaires, Mère Placide et les soeurs "vivent dans la joie et la confiance leur vocation de servantes des pauvres.". Très rapidement la petite communauté s'organise. Elle installe une pharmacie qui fournit l'hospice et donne gratuitement des médicaments aux pauvres du quartier.
La vie des soeurs au quotidien
Les soeurs partagent leur temps entre vie de prière et vie de service aux pauvres et aux malades. La règle est suivie de manière rigoureuse. Elle décrit avec précision tous les gestes quotidiens à effectuer au sein de la communauté ainsi que les moments consacrés à la prière et aux lectures spirituelles.
La Congrégation se développe
- en Belgique
Tout au long du XIXe siècle, la Congrégation développe des oeuvres de charité : éducation des enfants, orphelinats, écoles du dimanche (pour les plus pauvres qui ne peuvent fréquenter l'école en semaine). Elle s'engage aussi dans l'enseignement spécial et crée des institutions pour aliénés, sourds et aveugles.
Elle développe également les soins aux malades, en mettant en place, des hospices pour malades incurables, des institutions de soins psychiatriques, des maisons de retraite, et des hôpitaux civils. Par ailleurs, les soeurs jouent un rôle important sur le plan social.
- à l'étranger
La Congrégation se développe hors de nos frontières dans le service des soins et de l'enseignement.
Le vingtième siècle : l'entrée des laïcs
La Congrégation connaît une grande prospérité pendant la première moitié du XXe siècle. Une cinquantaine de nouvelles maisons sont créées. Le nombre de vocations grandit durant cette période, mais le nombre de soeurs reste insuffisant pour assumer toutes les fonctions. C'est à cette époque que les professeurs et infirmières laïques entrent dans les institutions.
Le Concile Vatican II entraîne des changements importants. La Congrégation des soeurs de la Charité est divisée en provinces ce qui permet à chacune d'elles de trouver son identité propre tout en restant fidèle à l'héritage spirituel et au charisme de la Congrégation. La Province belge du Sud naît en 1966. De nouvelles communautés sont créées; elles valorisent de plus en plus le travail de proximité ; les religieuses vont à la rencontre des gens, quittant leur propre lieu de vie pour aller travailler.
Aujourd'hui, en Europe, la congrégation travaille avec une majorité de laïcs. Son souci majeur est que les institutions jadis créées par les soeurs restent un outil performant et surtout qu'il demeure porteur des valeurs humaines et spirituelles s'inspirant de l'Evangile.